Patent Infringement Analysis and Assessment Strategies in China
📅 2026-05-29
🏷️ Patent
## Analyse et stratégies d'évaluation des contrefaçons de brevets en Chine
Dans l'environnement commercial mondialisé actuel, le risque de contrefaçon de brevet constitue un défi majeur pour les entreprises étrangères pénétrant le marché chinois. La Chine possède l'un des systèmes de brevets les plus vastes au monde, et le nombre ainsi que la complexité des litiges en matière de contrefaçon ne cessent de croître. Pour les entreprises étrangères, comprendre et maîtriser les stratégies d'analyse et d'évaluation des contrefaçons de brevets en Chine est non seulement un moyen nécessaire pour éviter les risques juridiques, mais aussi la clé pour élaborer des stratégies d'entrée sur le marché efficaces. Cet article présente systématiquement le cadre de base, les méthodes d'évaluation et les stratégies pratiques de l'analyse des contrefaçons de brevets en Chine, afin d'aider les entreprises étrangères à prendre des décisions commerciales éclairées dans l'environnement complexe de la propriété intellectuelle chinoise.
### Cadre de base de l'analyse des contrefaçons de brevets
L'analyse des contrefaçons de brevets vise essentiellement à déterminer si un produit ou un procédé technique incriminé tombe dans le champ de protection d'un brevet chinois en vigueur. Ce processus doit suivre les dispositions claires de la loi chinoise sur les brevets et des interprétations judiciaires correspondantes. Le cadre d'analyse comprend généralement les étapes clés suivantes :
1. **Détermination de la validité du droit de brevet** : Il convient d'abord de vérifier si le brevet cible est en vigueur. La durée de protection des brevets d'invention chinois est de 20 ans, celle des modèles d'utilité de 10 ans, et celle des dessins et modèles industriels de 15 ans (depuis le 1er juin 2021). Les entreprises étrangères doivent consulter la base de données officielle du CNIPA (Office national chinois de la propriété intellectuelle) ou mandater des institutions professionnelles pour vérifier le statut juridique du brevet, y compris le paiement des annuités, et s'il a été déclaré invalide ou partiellement invalide. Il est particulièrement important de noter que les modèles d'utilité chinois ne sont soumis qu'à un examen formel, leur stabilité est relativement faible, et ils font souvent l'objet de demandes en nullité dans les litiges en contrefaçon.
2. **Détermination de la portée de la protection du brevet** : Conformément à l'article 64 de la loi chinoise sur les brevets, la portée de la protection des brevets d'invention ou des modèles d'utilité est déterminée par le contenu des revendications, la description et les dessins pouvant servir à interpréter les revendications. Ce « principe de compromis » signifie que lors de l'interprétation des revendications, on ne peut ni s'en tenir strictement au sens littéral, ni imposer les modes de réalisation spécifiques de la description aux revendications. Par exemple, dans l'affaire de la « cartouche d'encre », la Cour suprême de Chine a clairement indiqué que l'interprétation des revendications doit équilibrer les intérêts du titulaire du brevet et ceux du public, évitant ainsi de porter atteinte à la confiance légitime du public en élargissant excessivement la portée de la protection.
3. **Comparaison du produit incriminé avec les revendications du brevet** : Il s'agit de comparer point par point le produit ou le procédé technique incriminé avec les revendications du brevet, afin de déterminer s'il comprend toutes les caractéristiques techniques (principe de la couverture complète). Si le procédé incriminé omet une ou plusieurs caractéristiques techniques essentielles, il n'y a généralement pas contrefaçon. Cependant, il faut tenir compte de l'application du « principe des équivalents », selon lequel si une caractéristique technique du procédé incriminé et la caractéristique correspondante de la revendication remplissent sensiblement la même fonction, de la même manière et pour aboutir au même résultat, et qu'un homme du métier peut y parvenir sans effort inventif, cela peut être considéré comme une contrefaçon par équivalence.
### Dimensions clés de l'évaluation des risques de contrefaçon
Après une analyse préliminaire, les entreprises étrangères doivent évaluer quantitativement les risques de contrefaçon selon plusieurs dimensions. Le tableau suivant résume les dimensions d'évaluation clés et leurs poids suggérés :
| Dimension d'évaluation | Description du niveau de risque | Poids suggéré | Points d'évaluation |
|----------------------|--------------------------------|---------------|---------------------|
| Stabilité du brevet | Élevé : Brevet ayant survécu à plusieurs contestations en nullité ; Moyen : Brevet n'ayant pas fait l'objet d'une procédure en nullité ; Faible : Modèle d'utilité ou dessin et modèle industriel | 40% | Rechercher les dossiers de nullité, les avis d'examen, le statut des familles de brevets |
| Couverture technique | Élevé : Le produit incriminé comprend toutes les caractéristiques techniques essentielles ; Moyen : Certaines caractéristiques sont contestées ; Faible : Absence manifeste d'une ou plusieurs caractéristiques | 30% | Comparer point par point les revendications, tenir compte de la possibilité d'application du principe des équivalents |
| Étendue de l'impact sur le marché | Élevé : Produit vendu dans les grandes villes avec des marges élevées ; Moyen : Ventes régionales ; Faible : Lancement à titre expérimental | 20% | Analyser les zones de vente, les canaux de distribution et la part de marché du produit |
| Environnement contentieux | Élevé : Le titulaire du brevet est un plaideur fréquent ou un NPE ; Moyen : Le titulaire a un historique de litiges mais peu fréquent ; Faible : Le titulaire n'a aucun antécédent de litige | 10% | Rechercher l'historique des litiges du titulaire du brevet et sa réputation dans le secteur |
Les entreprises étrangères doivent établir une note globale basée sur les dimensions ci-dessus pour former une matrice de risques. Par exemple, si la stabilité d'un brevet est élevée (par exemple, après avoir survécu à une contestation en nullité), la couverture technique est proche de 100 % et le produit est vendu à l'échelle nationale, le risque de contrefaçon est extrêmement élevé et des mesures immédiates de conception différenciée ou de recherche de licence sont nécessaires.
### Stratégies de conception différenciée et de défense
Face à un risque élevé de contrefaçon, les entreprises étrangères ne sont pas sans recours. La loi chinoise sur les brevets offre plusieurs voies de défense, et les entreprises peuvent également procéder activement à une conception différenciée. Voici quelques stratégies principales :
1. **Exception de l'état de la technique** : Conformément à l'article 67 de la loi chinoise sur les brevets, si le prétendu contrefacteur peut prouver que la technique qu'il utilise appartient à l'état de la technique antérieur à la date de dépôt du brevet, il n'y a pas contrefaçon. Cette défense est particulièrement efficace lorsque la stabilité du brevet est douteuse. Par exemple, les entreprises étrangères peuvent rechercher des documents publics, des manuels de produits ou des brevets étrangers dans le monde entier pour prouver que la technique incriminée était déjà connue du public. En pratique, le Tribunal de la propriété intellectuelle de Pékin a soutenu l'exception de l'état de la technique soulevée par le défendeur dans l'affaire de la « serrure intelligente », estimant que le modèle d'utilité du demandeur ne pouvait être invoqué en raison d'un défaut de nouveauté.
2. **Principe de l'interdiction de revenir sur ses engagements** : Au cours de la procédure de délivrance ou de nullité du brevet, les solutions techniques auxquelles le titulaire a renoncé pour obtenir la délivrance ne peuvent être réintégrées dans la portée de la protection lors d'un litige en contrefaçon. Les entreprises étrangères peuvent consulter le dossier d'examen du brevet pour analyser si le titulaire a apporté des modifications restrictives aux revendications. Par exemple, une entreprise chimique étrangère a réussi à utiliser le principe de l'interdiction de revenir sur ses engagements pour prouver que le demandeur avait explicitement exclu un certain composant catalytique lors de l'examen, évitant ainsi une constatation de contrefaçon.
3. **Conception différenciée** : Il s'agit du moyen de gestion des risques le plus proactif. La conception différenciée ne consiste pas en de simples ajustements mineurs, mais à contourner techniquement la portée de la protection des revendications du brevet. Par exemple, si une revendication de brevet comprend les caractéristiques « A+B+C », l'entreprise peut tenter de supprimer l'une des caractéristiques (par exemple C) ou de la remplacer par une solution technique complètement différente (par exemple D), mais en s'assurant que la solution de remplacement ne tombe pas dans le champ des équivalents. Dans l'affaire de la « trottinette électrique », un tribunal chinois a estimé que le simple remplacement d'un « interrupteur à bouton » par un « interrupteur tactile » constituait toujours une contrefaçon par équivalence, ce qui montre que la conception différenciée doit être menée avec prudence.
### Système dual de protection judiciaire et administrative
Le système chinois de réparation des contrefaçons de brevets repose sur un « système dual », combinant les voies judiciaire et administrative. Les entreprises étrangères doivent choisir la voie la plus appropriée en fonction de leurs besoins.
**Voie judiciaire** : Les actions civiles en contrefaçon de brevet relèvent de la compétence des tribunaux intermédiaires populaires (ou des tribunaux de la propriété intellectuelle). La durée de la procédure est généralement de 6 à 18 mois, et l'appel est examiné par la Chambre de la propriété intellectuelle de la Cour suprême de Chine. L'avantage de la voie judiciaire réside dans la possibilité de demander des injonctions (y compris des injonctions préliminaires) et des dommages et intérêts. La loi sur les brevets révisée en 2020 a introduit un mécanisme de dommages et intérêts punitifs, permettant d'accorder jusqu'à 5 fois le montant en cas de contrefaçon intentionnelle et grave. Par exemple, dans le litige entre « Aux et Gree », le tribunal a finalement condamné Gree à verser 167 millions de RMB à Aux, illustrant la position de la Chine en faveur de dommages et intérêts élevés.
**Protection administrative** : Les entreprises étrangères peuvent également déposer une demande de traitement administratif des litiges en contrefaçon de brevet auprès des bureaux locaux de la propriété intellectuelle (relevant du système du CNIPA). La procédure administrative est généralement plus rapide (3 à 6 mois) et moins coûteuse. Les bureaux locaux de la propriété intellectuelle ont le pouvoir d'ordonner au contrefacteur de cesser l'acte de contrefaçon, mais n'ont pas le pouvoir d'accorder des dommages et intérêts. Si la décision administrative n'est pas exécutée, le titulaire du droit peut demander son exécution forcée par un tribunal. Pour les cas nécessitant une cessation urgente de la contrefaçon (par exemple pendant une exposition), la protection administrative est un choix efficace.
### Mécanisme de surveillance des risques basé sur les données
La mise en place d'un mécanisme systématique de surveillance des risques de contrefaçon de brevet est essentielle pour les entreprises étrangères opérant à long terme en Chine. Voici un processus de surveillance pratique :
1. **Alerte précoce en matière de brevets** : Effectuer régulièrement (par exemple trimestriellement) des recherches dans la base de données du CNIPA pour identifier les annonces de brevets liés à ses propres produits. Se concentrer sur les nouveaux brevets délivrés par les concurrents, en particulier les modèles d'utilité (car leur délivrance est rapide mais leur stabilité est faible). Utiliser des mots-clés, des symboles de classification IPC ou le nom du titulaire du brevet pour les recherches.
2. **Analyse de la cartographie technologique** : Classer les brevets trouvés et établir une carte de répartition technologique. Par exemple, une entreprise étrangère de pièces automobiles a découvert, grâce à une analyse, que ses concurrents avaient déposé un grand nombre de brevets dans le domaine de la « gestion thermique des batteries », ce qui lui a permis d'ajuster à l'avance sa direction de R&D et d'éviter des litiges ultérieurs.
3. **Rapport d'évaluation des risques** : Générer tous les six mois un rapport d'évaluation des risques de contrefaçon pour les produits de base. Le rapport doit comprendre une liste des brevets, les niveaux de risque et des recommandations d'action (par exemple, conception différenciée, négociation de licence, préparation d'une demande en nullité). Il est recommandé de mandater des institutions qualifiées en matière de brevets en Chine (telles que les services professionnels fournis par WeRights) pour une analyse approfondie afin de garantir l'exactitude.
4. **Suivi dynamique** : Surveiller les changements de statut juridique des brevets cibles, tels que l'invalidation, le transfert, le nantissement ou les litiges. Par exemple, si un brevet est déclaré invalide, le risque de contrefaçon associé disparaît immédiatement. Parallèlement, suivre les dernières modifications de la loi chinoise sur les brevets et les interprétations judiciaires, comme l'Interprétation de la Cour suprême de Chine sur plusieurs questions relatives à l'application de la loi dans le jugement des litiges en contrefaçon de brevet publiée en 2023, qui a précisé l'application du principe des équivalents.
### Conclusion : Gestion proactive et soutien professionnel
L'analyse et l'évaluation des contrefaçons de brevets en Chine ne sont pas un travail ponctuel, mais un processus de gestion stratégique nécessitant un investissement continu. Les entreprises étrangères doivent abandonner la mentalité de « défense passive » et adopter une stratégie de « prévention proactive ». De l'évaluation de la stabilité du brevet à la conception différenciée, en passant par la protection administrative et la voie judiciaire, chaque étape doit être alignée sur la pratique juridique chinoise et les objectifs commerciaux.
Compte tenu de la complexité du système chinois des brevets, il est conseillé aux entreprises étrangères de rechercher un soutien professionnel. Par exemple, des institutions comme WeRights peuvent fournir des services complets allant de la recherche de brevets et de l'analyse des contrefaçons à la représentation en justice. Par ailleurs, rejoindre des alliances industrielles de propriété intellectuelle ou participer aux projets de navigation en matière de brevets du CNIPA sont également des moyens efficaces de réduire les risques. Enfin, il est impératif de maintenir des canaux de communication avec des avocats spécialisés, par exemple via Telegram @token_1_com pour obtenir les dernières informations sur les politiques. À une époque où la propriété intellectuelle devient un avantage concurrentiel central, des stratégies systématiques d'analyse et d'évaluation des contrefaçons guideront et protégeront les entreprises étrangères sur le marché chinois.
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