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Trademark Infringement in China: A Guide for Foreign Rights Holders

## Contrefaçon de marque en Chine : Comment faire valoir vos droits Les titulaires de marques étrangères qui exercent des activités en Chine sont souvent confrontés à une question centrale : une fois leur marque déposée indûment ou contrefaite, comment assurer une défense efficace de leurs droits ? Le système juridique chinois en matière de marques a connu des réformes majeures au cours des dix dernières années, offrant aux titulaires étrangers des voies de protection plus complètes. Cependant, des défis subsistent dans la pratique. Cet article fournit un guide pratique à l'intention des titulaires étrangers, structuré autour de quatre dimensions : le cadre juridique, les voies de recours, la préparation des preuves et les choix stratégiques. ## Cadre juridique de la protection des marques en Chine La Chine applique le principe du « premier déposant », ce qui signifie que le droit de marque s'obtient principalement par l'enregistrement. Selon la Loi sur les marques de la République populaire de Chine, la durée de validité d'un enregistrement de marque est de dix ans, renouvelable à l'expiration de cette période. L'Administration nationale de la propriété intellectuelle de Chine (CNIPA) est l'organe central chargé de l'enregistrement et de la gestion des marques. Les principaux points juridiques sont les suivants : 1. **Principe du premier déposant :** Une marque non enregistrée en Chine, même si elle est notoire dans d'autres pays, est généralement difficile à opposer à un tiers qui l'a déposée en premier en Chine. 2. **Protection spéciale des marques notoires :** Même sans enregistrement en Chine, une marque reconnue comme « notoire » peut bénéficier d'une protection inter-classes. Cependant, les critères de reconnaissance sont élevés et nécessitent la fourniture de preuves substantielles d'utilisation et de publicité sur le marché chinois. 3. **Réglementation des dépôts de mauvaise foi :** La Loi sur les marques révisée en 2019 a explicitement ajouté une disposition selon laquelle « toute demande d'enregistrement de marque de mauvaise foi, non destinée à être utilisée, doit être rejetée », fournissant ainsi une base juridique directe pour lutter contre le dépôt abusif de marques. 4. **Mécanisme de réparation des contrefaçons :** L'indemnisation pour contrefaçon de marque suit un mode de calcul progressif : « perte réelle — profit du contrefacteur — dommages-intérêts légaux ». Le plafond des dommages-intérêts légaux a été porté à 5 millions de RMB, et des dommages-intérêts punitifs, pouvant atteindre cinq fois le profit réalisé par le contrefacteur, peuvent être appliqués en cas de circonstances graves. Il est important de noter que la Chine n'est pas un pays de common law. Cependant, dans la pratique judiciaire, les affaires guides publiées par la Cour suprême de justice ont une force de référence considérable pour les tribunaux à tous les niveaux. ## Les quatre voies de recours en matière de marques Face à une contrefaçon de marque en Chine, les titulaires étrangers peuvent choisir différentes voies de recours en fonction de la nature et de la gravité de l'infraction. Le tableau comparatif suivant aide à comprendre les scénarios d'application et les caractéristiques de chaque voie : | Voie de recours | Scénario d'application | Délai de traitement | Fourchette de coûts | Avantage principal | Limite principale | |---------|---------|---------|---------|---------|---------| | Plainte administrative (CNIPA/Bureau municipal de régulation) | Production de contrefaçons, infractions en circulation | 3-12 mois | Faible | Procédure simple, pas d'obligation d'avocat | Pas de pouvoir d'ordonner des dommages-intérêts, uniquement des sanctions administratives | | Saisie douanière sur dépôt | Produits contrefaits découverts à l'import/export | 3-10 jours ouvrables | Faible | Bloque la sortie des produits contrefaits, frappe à la source | Nécessite un dépôt préalable auprès des douanes | | Action civile en justice | Infractions ayant causé un préjudice réel | 6-18 mois | Moyen à élevé | Permet de réclamer des dommages-intérêts, possibilité d'injonction | Charge de la preuve lourde, délais longs | | Plainte pénale | Contrefaçon à grande échelle, circonstances graves | Variable selon la complexité | Faible | Effet dissuasif maximal, possibilité de poursuites pénales | Seuil de poursuite élevé, conditions d'intervention de la police strictes | Lors du choix d'une voie de recours, il est conseillé de prendre en compte l'ampleur de la contrefaçon, la solidité des preuves, les contraintes budgétaires et les délais. En pratique, la plainte administrative et l'action civile sont souvent utilisées conjointement : la première pour faire cesser rapidement l'infraction, la seconde pour obtenir des dommages-intérêts. ## Collecte et conservation des preuves En matière de défense des marques en Chine, la « preuve » est l'élément déterminant du succès ou de l'échec. De nombreux titulaires étrangers, bien que possédant des droits de marque clairs, se retrouvent en position de faiblesse car ils ne peuvent fournir suffisamment de preuves d'utilisation sur le territoire chinois. Les preuves à collecter et à conserver de manière prioritaire comprennent les catégories suivantes : **Preuves du droit :** Certificat d'enregistrement de la marque, certificat de cession, certificat de renouvellement, certificat d'enregistrement du contrat de licence d'utilisation. Si la marque est étendue à la Chine via le système de Madrid, fournir le bulletin d'enregistrement international de l'OMPI ainsi que l'avis d'approbation de protection délivré par la CNIPA. **Preuves de la contrefaçon :** Produits contrefaits ou leurs photos, captures d'écran des pages de vente des produits contrefaits (en conservant l'URL complète et l'horodatage), preuves d'achat des produits contrefaits (factures, reçus, relevés de virement), informations commerciales du contrefacteur (nom de l'entreprise, adresse, coordonnées). **Preuves d'utilisation et de notoriété :** Contrats de vente et factures en Chine, documents publicitaires et preuves de diffusion, enregistrements et photos de participation à des salons, reportages médiatiques et évaluations du marché, avis consommateurs et discussions sur les réseaux sociaux. Ces preuves sont essentielles pour revendiquer une protection en tant que marque notoire ou pour augmenter le montant des dommages-intérêts. **Preuves du montant des dommages :** Données sur les pertes de ventes réelles du titulaire, registres de vente et livres comptables du contrefacteur (accessibles via une mesure de conservation des preuves ordonnée par le tribunal ou une saisie administrative), tarifs raisonnables des licences d'utilisation, dépenses raisonnables engagées pour la défense des droits (honoraires d'avocat, frais de notarisation, frais de déplacement). Il est recommandé d'utiliser la méthode de la « conservation par acte notarié » pour la fixation des preuves. En Chine, les captures d'écran de pages web réalisées par soi-même ont une force probante limitée en justice ; seules les preuves notariées par un office notarial ont une pleine valeur juridique. Pour les contrefaçons en ligne, il est également possible de demander au tribunal ou à la CNIPA une mesure de conservation des preuves électroniques. En outre, les plateformes de certification par blockchain sont de plus en plus reconnues par les tribunaux comme un moyen efficace de fixer les preuves. ## Stratégies pour faire face au dépôt abusif de marques Le dépôt abusif de marques est l'un des problèmes les plus épineux pour les titulaires étrangers sur le marché chinois. Les déposants abusifs enregistrent souvent un grand nombre de marques en bloc, attendant que le véritable titulaire « rachète » sa marque ou dépose une plainte sur les plateformes de commerce électronique. La loi offre les outils suivants pour lutter contre ces pratiques : **Procédure d'opposition :** Pendant la période de publication de la marque (trois mois), le titulaire peut former une opposition auprès de la CNIPA pour empêcher l'enregistrement de la marque déposée abusivement. Les motifs d'opposition peuvent inclure : la mauvaise foi du déposant, l'utilisation antérieure par le titulaire lui conférant une certaine influence, ou l'existence d'une relation d'agence ou de coopération entre le déposant et le titulaire. L'avantage de cette procédure est son coût relativement faible et la possibilité de résoudre le problème dès la phase d'obtention du droit de marque. **Demande en nullité :** Pour une marque déjà enregistrée de manière abusive, le titulaire peut demander à la CNIPA de la déclarer nulle dans un délai de cinq ans à compter de la date d'enregistrement. Pour les marques notoires enregistrées de mauvaise foi, la demande en nullité n'est pas soumise à ce délai de cinq ans. La demande en nullité nécessite la présentation de preuves suffisantes démontrant que le déposant avait connaissance ou aurait dû avoir connaissance de la marque du titulaire. **Procédure de déchéance pour défaut d'usage (non-use cancellation) :** Pour une marque enregistrée depuis trois ans mais non utilisée, toute personne physique ou morale peut demander à la CNIPA la « radiation pour défaut d'usage pendant trois années consécutives ». Cette procédure est particulièrement efficace contre les déposants abusifs qui accumulent un grand nombre de marques sans jamais les utiliser. Le seuil de déclenchement de cette procédure est bas : le titulaire n'a pas besoin de prouver son propre droit, il lui suffit de fournir des motifs raisonnables et des preuves préliminaires pour l'initier. En pratique, il est conseillé d'engager plusieurs procédures simultanément ou successivement contre une même marque déposée abusivement. Par exemple, si le délai d'opposition est expiré, on peut déposer simultanément une demande en nullité et une demande en déchéance, créant ainsi une double pression. Le déposant abusif se retrouve souvent confronté à des actions en justice concernant plusieurs de ses marques à la fois, ce qui lui coûte bien plus de temps et d'argent qu'au titulaire. ## Défense des marques sur les plateformes de commerce électronique transfrontalier Avec l'essor fulgurant du commerce électronique transfrontalier, les problèmes de contrefaçon de marque sur des plateformes comme Amazon, AliExpress, Temu et SHEIN deviennent de plus en plus pressants. La défense des droits pour les titulaires chinois sur ces plateformes présente des particularités. **Le mécanisme de plainte sur la plateforme** est le moyen de défense initial le plus rapide. Les grandes plateformes de commerce électronique transfrontalier disposent de politiques de protection de la propriété intellectuelle et de canaux de plainte. Le titulaire n'a qu'à fournir le certificat d'enregistrement de sa marque et le lien vers l'annonce contrefaite ; la plateforme retire généralement le produit contrefait sous 3 à 7 jours ouvrables. Cependant, il faut noter les limites de ce mécanisme : la plateforme ne procède qu'à un examen formel, ne se prononce pas sur le fond de la contrefaçon et ne traite pas les questions d'indemnisation. Les plaintes et contre-plaintes abusives sont également très courantes, et le titulaire doit se préparer à y faire face. Pour les vendeurs récidivistes, une stratégie combinée peut être envisagée : premièrement, utiliser la plainte sur la plateforme pour supprimer les annonces contrefaites ; deuxièmement, utiliser une plainte administrative pour obtenir les véritables informations commerciales du vendeur contrefacteur ; troisièmement, engager une action civile ou déposer une plainte pénale contre les vendeurs à grande échelle. Il convient de noter que les mécanismes de partage de données entre plateformes de commerce électronique transfrontalier s'améliorent. Les titulaires peuvent obtenir légalement les données de vente des vendeurs contrefacteurs, qui serviront de base au calcul des dommages-intérêts. Dans plusieurs dossiers gérés par WeRights, les données de vente fournies par les plateformes ont constitué une preuve clé ayant conduit les tribunaux à accorder des dommages-intérêts élevés. ## Conseils pratiques et recommandations d'action Sur la base de l'analyse ci-dessus, voici des recommandations spécifiques pour les titulaires étrangers : **Mieux vaut prévenir que guérir.** Avant d'entrer sur le marché chinois, veillez à déposer votre demande d'enregistrement de marque bien en amont. Couvrez à la fois les classes de produits principales et les classes connexes, afin d'éviter toute lacune pouvant être exploitée par un dépôt abusif. Il est conseillé de lancer la procédure d'enregistrement de la marque 6 à 12 mois avant l'introduction des produits sur le marché chinois. **Mettre en place un système de surveillance complet.** Confiez à un organisme professionnel la surveillance régulière des publications de marques chinoises. Cela permet de détecter les dépôts abusifs pendant la période de publication et de former opposition en temps utile. Parallèlement, effectuez des contrôles réguliers sur les principales plateformes de commerce électronique et les marchés physiques pour détecter les indices de contrefaçon et rassembler les preuves immédiatement. **Adapter la réponse, frapper avec précision.** Pour les simples dépôts abusifs, privilégiez les procédures d'opposition et de nullité ; pour les annonces contrefaites isolées sur les plateformes de commerce électronique, utilisez le mécanisme de plainte de la plateforme pour un nettoyage rapide ; pour les filières industrielles de contrefaçon à grande échelle, lancez résolument une stratégie combinant saisie administrative et action civile, afin de faire cesser l'infraction tout en poursuivant des dommages-intérêts. **Choisir des partenaires professionnels.** La défense des marques en Chine implique des procédures administratives, des actions civiles, des plaintes pénales, etc. Les règles de procédure et les astuces pratiques diffèrent considérablement d'un domaine à l'autre. Il est essentiel de choisir un mandataire familier avec les pratiques judiciaires locales. Il est conseillé de vérifier les informations d'enregistrement professionnel sur le site officiel de la CNIPA et de se renseigner sur les dossiers antérieurs et les évaluations des clients du cabinet. **Conserver et faire notarier toutes les preuves.** Dès la découverte d'une contrefaçon, commencez consciemment à conserver et à fixer les preuves. N'attendez pas de décider d'engager une action en justice pour commencer à les collecter ; à ce moment-là, les preuves électroniques clés pourraient déjà avoir été supprimées ou modifiées. **Planifier raisonnablement le budget de défense des droits.** La défense d'une marque est un investissement continu. Le coût d'une plainte administrative est relativement faible, celui d'une action civile est plus élevé mais peut aussi aboutir à une indemnisation substantielle. Il est conseillé de répartir le budget de défense entre différents niveaux d'action, afin d'assurer à la fois une surveillance de routine et une défense de base, tout en réservant des fonds suffisants pour les dossiers de contrefaçon majeurs. Enfin, il est important de souligner que la répression en matière de droit des marques en Chine se renforce constamment. Depuis 2020, le montant des amendes administratives et des réparations judiciaires dans le domaine de la protection de la propriété intellectuelle en Chine est en hausse. Pour les marques étrangères ayant une réelle valeur, une action en justice active en Chine peut non seulement aboutir à une indemnisation économique raisonnable, mais aussi permettre d'établir une réputation sur le marché et de réguler les circuits de distribution, protégeant ainsi fondamentalement la valeur de la marque et les intérêts commerciaux.

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